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Homélie du 19/04/2020

Publié par Paroisse St Pierre du Pays des Couleurs

Dimanche 19 avril, Dimanche de la Divine Miséricorde.
Évangile selon Saint Jean, 20,19-31
Homélie de Gérard Vanbervliet, diacre.

Le doute de St Thomas/ Michel Vitry

Le doute de St Thomas/ Michel Vitry

Ce deuxième dimanche de Pâques est celui de la foi et de la miséricorde.

Ces deux aspects de notre vie chrétienne sont inséparables et complémentaires. Il ne peut y avoir de foi sans miséricorde et, sans la foi, nous ne pouvons pas comprendre la Miséricorde divine qui concerne tous les hommes.

Si on devait résumer cet évangile, on pourrait redire cette phrase de Jean-Paul II en introduction de son encyclique « Foi et raison » (Fides et ratio en latin)

« La foi et la raison sont comme deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité. »

Jésus ne fait aucun reproche à Thomas. Car Thomas est un « chercheur de vérité », il veut comprendre, il ne veut pas se tromper. Et il est bien légitime de vouloir comprendre, de vouloir être sûr de ne pas se tromper. La foi et la raison sont inséparables, comme le dit Jean-Paul II

D’ailleurs, on peut supposer que n’importe lequel des 10 autres apôtres présents ce jour-là se trouvant dans la situation de Thomas aurait eu la même attitude. Il a fallu que ça tombe sur lui !

Cette soif de comprendre, Thomas la manifeste aussi à un autre endroit de l’évangile, dans Jean 14,5 :

Thomas lui dit: Seigneur, nous ne savons où tu vas; comment pouvons-nous en savoir le chemin? Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.…

Et chacun d’entre nous aujourd’hui peut se demander quelle réaction il aurait eu s’il avait  été à la place de Thomas. Vraisemblablement, beaucoup d’entre nous auraient eu besoin de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une fausse rumeur, d’une hallucination, d’une « fake news» comme on dit aujourd’hui.

C’est pourquoi Jésus ne fait pas de reproche, mais il invite Thomas à revoir sa position. Et comme Thomas est un chercheur de vérité, non seulement il l’accepte, mais il en fait aussi un credo d’amour « Mon Seigneur et Mon Dieu ». Ainsi Thomas prononce sans doute la toute première profession de foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu.

Comme le dit l’apôtre Paul, (1 Cor 12,4) « Frères, les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit. Les fonctions dans l’Église sont variées, mais c’est toujours le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est partout le même Dieu qui agit en tous. »

Nous chrétiens, nous avons tous foi en un même Dieu. Mais la foi est un don et les dons sont variés.

Ainsi nos chemins de foi sont différents : Certains d’entre nous ont facilement la foi. Ils ont une confiance innée dans l’église et la Parole de Dieu.

Pour d’autres, le chemin de foi passe beaucoup plus par le doute et le questionnement. Comme Thomas, ils ont plus besoin de certitude, de rationalité. Leur approche est plus scientifique, plus prudente. Cela prend plus de temps. Par contre lorsqu’ils  croient, ils peuvent devenir très affirmés et dire aussi comme Thomas « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Mais tous, quel que soit notre chemin, nous avons besoin de vérifier notre foi, de ne pas croire n’importe qui et n’importe quoi, en toute liberté.

Il n’y a donc pas de bons et de mauvais chemins. Chacun emprunte le chemin qu’il peut, là où il est, avec ses propres moyens. L’essentiel est d’être sincère et d’être ouvert à la confiance envers Dieu et d’accepter de se laisser bousculer quel que soit le chemin, se laisser contrarier par ce qui vient remettre en cause notre façon de voir. Notre Dieu miséricordieux nous accepte tels que nous sommes et en vérité. Il nous veut libres. Il ne nous demande surtout pas de « faire semblant de croire ».

Il y a une belle image pour illustrer cela. On peut comparer notre vie à la vie d’une fleur : «  on ne fait pas pousser une fleur en tirant dessus ». Il suffit de la nourrir et de prendre soin d’elle. Et la nature fera le reste, la fleur poussera toute seule.

Il en est de même de nos chemins de foi. Il ne sert à rien de se forcer à croire. Il suffit de se nourrir de la Parole de Dieu, de prendre soin de nous-mêmes et des autres, de s’accepter en vérité, et Dieu fera le reste … puisqu’il est le Chemin, la Vérité et la Vie. Ce qui par ailleurs ne nous dispense pas de faire des efforts pour suivre ce chemin.

Le nom de Thomas signifie « jumeau ». Nous sommes un peu comme un jumeau de Thomas. Nous sommes un peu comme lui. Car nos chemins de foi ressemblent souvent au chemin qu’a pris Thomas pour affirmer sa foi. Nous avons besoin de voir, de comprendre, de raisonner pour croire, ne serait-ce que par peur de nous tromper.

Sauf que nous, en principe, nous n’avons pas d’autre choix que de « croire sans avoir vu ». C’est aussi une chance pour nous car Jésus en fait une ultime et neuvième  béatitude : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». C’est la vocation de tout chrétien aujourd’hui.

Mais fort heureusement, nous ne partons pas de rien. Nous avons quand même des moyens pour solidifier notre foi : la Parole de Dieu, la communauté, et 2000 ans d’histoire de l’église …2000 ans ont passé depuis que Jésus a prononcé cette phrase et des milliards d’hommes ont « cru sans avoir vu. »

Jean-Paul II a fait de ce deuxième dimanche celui de la miséricorde, selon les indications de sœur Faustine Kowalska, religieuse polonaise morte en 1938 à l'âge de 33 ans.

Elle nous invite à prier ainsi : "Jésus j'ai confiance en Toi !"

« Que cette prière nous enracine tous dans cette certitude... Chaque personne est précieuse aux yeux de Dieu. Jésus a donné sa vie pour chacun de nous. » (Jean-Paul II)

Pour affermir notre foi, Jésus montre ses plaies à Thomas, c’est-à-dire à chacun d’entre nous qui sommes un peu comme son « jumeau ». Ces plaies représentent Sa Miséricorde, sa Passion et sa Résurrection. C’est en effet par ces plaies qu’il s’offre à nous et nous rejoint dans notre condition d’homme.

*   *   *   *   *   *

Dans nos paroisses, tout ou presque, est à l’arrêt : plus d’eucharistie collective, plus de sacrements, plus de temps communautaires. Mais grâce aux moyens modernes et à la magie d’Internet, nous pouvons communiquer entre nous et communier spirituellement lors des messes retransmises. Ainsi, comme au Cénacle, Jésus traverse nos murs et nous rejoint quelles que soient les circonstances.

Etrange similitude : comme les apôtres étaient « confinés » dans le Cénacle, nous aussi nous sommes confinés aujourd’hui, pour la plupart d’entre nous.

Comme ces 11 apôtres, nous pouvons avoir peur de ce qui peut venir de l’extérieur, non pas des juifs et des Romains, mais de ce « méchant virus »

Certes nous ne pouvons pas voir Jésus, ni voir ses plaies, comme les Apôtres. Mais il peut être présent par la prière et les Saintes Ecritures.

Et nous pouvons dire comme Thomas « Mon Seigneur et mon Dieu ». Et dire aussi en ce temps de Pâques : « Il est vraiment ressuscité ».

Alors nous pouvons aussi entendre le Seigneur nous redire « La paix soit avec vous » et prier pour que « Notre Seigneur et Notre Dieu » nous comble de sa Miséricorde.

Qu’en ces temps d’épreuve et de solitude, la paix et la confiance soient toujours avec nous !

Gérard Vanbervliet

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